Louis-Charles-Antoine Des Aix de Veygoux

 Parmi tous ces guerriers dans la fleur de leur âge,
Toi de qui la prudence égalait le courage,
Magnanime Desaix, que ce beau dévouement
Jette un durable éclat sur ton fatal moment !
Tout couvert de lauriers un seul regret te reste,
Un seul penser t’occupe : ô guerrier trop modeste !
De toi-même toi seul tu n’es point satisfait ;
Pour la postérité, tu crains d’avoir peu fait.
Desaix ! que ta grande ombre aujourd’hui se console !
Chez nos derniers neveux ta dernière parole
Retentira sans cesse, et de ton souvenir
Sans cesse entretiendra les siècles à venir.

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Ce site est dédié au général Desaix. 

 afin que son souvenir ne s’efface pas de la mémoire des français. 

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            (Desaix, le guerrier-philosophe)

Desaix, c’était l’homme du sacrifice, qui, pour lui, voulut toujours le devoir, et la gloire jamais, qui la donna aux autres, et même aux dépens de sa vie; un juste, un héros, un saint, l’irréprochable Desaix. (Michelet)

Quelle époque, en effet, plus féconde en héros que celle des guerres de notre première république, ou l’on voyait surgir, dans l’espace de quelques années, Desaix, Kléber, Marceau, Hoche, grands hommes par le talent et leur courage.

Parmi ces guerriers un héros attirait tous les regards. Ardent au combat, général consommé, quoique à peine sorti de l’enfance. Modeste et simple il fuyait les ovations et glorifiait son pays et son époque sans se douter de sa propre gloire. Desaix, ce jeune capitaine, officier à quinze ans, général de division à vingt-six ans, mort à Marengo à trente-deux ans.

Desaix s’était voué au chef qu’il admirait comme les chevaliers du Moyen-Age sacrifiaient tout à leur seigneur par idéal de conscience. Ce fut en Égypte de 1798 à 1800, que Desaix révéla ses remarquables talents et réalisa le rêve de sa vie.


D’une taille plutôt petite (mais Marmont, le décrit ainsi : sa taille était haute et élancée), avec son abondante chevelure noire, sa moustache touffue qui cachait des cicatrices de blessures de guerre, ses grands yeux gris, Desaix avait l’air triste, mais ferme et bon. Sa vie fut d’un fil tout aussi net que celui de son épée. Le devoir et le travail, telle fut sa conduite, se dévouer au service de la patrie, fut son ambition. Aucune ombre de cupidité, d’orgueil, de violence n’a terni l’image de ce grand militaire.

D’un caractère antique, il alliait à une bravoure une probité rigide et un désintéressement complet. Desaix se montre si généreux envers ses propres soldats et envers les vaincus qu’en Allemagne les paysans allemands l’appelaient  ¨le bon général¨, et aussi les Arabes pendant la campagne d’Egypte lui donnèrent le surnom de  ¨Sultan Juste¨.

Desaix était un sage. Sa sagesse venait de son instruction: ¨Il avait l’âme trop élevée pour suivre la route commune dans la carrière où le sort l’avait placé, excité par cette espèce d’instinct qui donne au génie l’activité dont il a besoin pour se développer, il éprouvait le désir de s’instruire, avant même de pouvoir en calculer les avantages ¨. Son nom est devenu le symbole de la générosité et du courage.

Desaix était-il républicain? Une chose est sûre, s’il n’était pas républicain de son vivant, il l’est devenu dans la postérité.

De Desaix, nous allons essayer de retracer en quelques lignes son existence si courte et bien remplie, ou l’on ne sait réellement qu’admirer le plus, du courage, du talent, du génie ou de la modestie du personnage.

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Publié dans : Desaix | le 16 décembre, 2008 |5 Commentaires »

Le personnage est un général bien modeste.

De lui nous savons qu’il n’était pas très grand, mais de constitution solide et robuste, il avait de longs cheveux noirs retenus par un simple lacet, le nez un peu busqué et un menton volontaire. Son visage était déjà couturé de cicatrices et son corps était raccommodé à la hâte par des chirurgiens de fortune.

Desaix en medaillon par Dutertre andré

Napoléon le décrit:   « de petite taille et d’extérieur peu prévenant » , mais Savary admire en lui : « ses traits beaux et réguliers, ses yeux respirants la mélancolie et sa pâleur habituelle attrayante ».Desaix sur un champ de bataille était une sorte d’angélique démon qui se transcendait jusque dans ses traits.

Ambert raconte:   « Sa taille semblait s’élever de cent coudées. Son front s’illuminait et son regard embrassait l’immensité du champ. D’une voix qu’on ne lui connaissait pas dans la vie ordinaire, il donnait ses ordres à chacun, sans trouble et sans paroles superflue . Electrisés à sa vue, les soldats redoublaient de valeur et pas un chef ne se fût permis une observation. Desaix se précipitait en avant de tous, étendant le bras droit, montrant l’ennemi, s’élevant sur ses étriers, faisant bondir son cheval. Ses longs cheveux flottaient au vent, sa cravate dénouée battait l’air et le petit homme studieux et savant devenait un géant qui dominait des milliers de soldats. Le soir, au bivouac, il semblait avoir tout oublié. »

 

Un général trés modeste.

Desaix avait une apparence vestimentaire négligée, son uniforme bleu si mal coupé était si étriqué qu’on le plaisantait sur « cette redingote de première communion »,  il ne portait ni dorure et broderie mentionnant son grade,  il était propre,  il se lavait chaque matin, ce qui était rare chez les hommes de la future Grande Armée.  Il partageait toutes les privations de ses hommes, il se nourrissait comme eux de soupe, de pain et d’eau. Il est dit, à ce propos, qu’un jour il fit distribuer aux hôpitaux des provisions de bouche qu’on lui avait destinées et qui étaient plus recherchées que celles réservées aux soldats.

 

Ce héros est en même temps profondément humain.

Ses lettres à sa sœur, si affectueuses et si tendres, témoignent de sa sollicitude infinie pour ses soldats. Il partage leur dénuement, mange le même pain noir, boit la même eau, réservant le vin et le pain blanc dont on lui fait présent pour les malades et les blessés. En pays ennemi, il respecte scrupuleusement les propriétés privées et verse au trésor l’argent qui lui tombe entre les mains. Cette vie si pure lui confère une autorité immense, un empire absolu sur les hommes.

 

Publié dans : Desaix | le 2 février, 2008 |Commentaires fermés

Son enfance en Auvergne

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Desaix se nommait: Louis Charles Antoine Desaix de Veygoux.

Il naquit le 17 août 1768, et a été baptisé le lendemain. Louis-Charles-Antoine des Aix, fils légitime de messire Gilbert-Antoine des Aix, chevalier, seigneur de Veygoux, et de dame Amable de Beaufranchet, son épouse, demeurant à Veygoux, paroisse de Charbonnières-les-Varennes, et accouchée au Château d’Ayat situé sur cette paroisse. (Saint Hilaire d’Ayat, actuellement Ayat sur Sioule, prés de Riom. Puy de Dôme).

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Il est le quatrième des cinq enfants du chevalier Gilbert Antoine des Aix de Veygoux et de son épouse née Amable de Beaufranchet.

Louis-Charles-Antoine a trois frères et une sœur:

- Amable (10/12/1759-1801) qui s’allia à Marie-Thérèse de Neuville de l’Arboulerie (1770-1824).

- Gaspard (1761-1764) mort en bas âge.

- Françoise (25/8/1764 – 20/10/1816) qui épousa François Beker (1770-1840), général de division en 1806, comte de l’Empire en 1807 et investi du redoutable honneur en 1815 d’accompagner l’empereur Napoléon de Malmaison à l’île d’Aix.

- Louis-Charles-Antoine, notre héros.

- Louis-Amable (7/6/1773-1835) marié à Marie-Anne-Adélaïde Farjon des Charmes. 

 Maison natale du général Desaix

Enfant, il est élevé au modeste manoir de Veygoux, situé dans la région de Riom prés du bourg de Charbonnière-les-Varennes. Une enfance peut-être pas dorée malgré la noblesse de la famille, mais une enfance heureuse. La famille était pauvre et vivait du maigre revenu de quelques terres. 

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( En 1474, son ancêtre paternel Jean des Ayes était écuyer, seigneur des Ayes, petit domaine sur la commune de Teilhet en Combrailles,  puis par le mariage, en 1623, d’Annet des Ayes avec Silvaine de Brosson, la lignée reçut le fief de Veygoux, situé dans la paroisse de Charbonnières-les-Varennes . Le manoir de Veygoux fut vendu en 1830, transformé en ferme, revendu et de nouveau transformé de telle sorte qu’il a perdu son visage d’antan. Le site reste charmant, un cirque, un ruisseau, des blocs de granit et de larges prairies, tel fut le cadre de l’enfance du général Desaix. Son grand-père Sylvain modifia l’orthographe du nom de « des Ayes » en « des Aix ». )

Le Manoir de Veygoux est actuellement un Musée.

Il était ardent à tous les jeux,un jour il fut l’objet d’une imprudence qui faillit avoir les suites les plus funestes ce qui calma son ardeur et mûrit sa raison. Lors d’une chasse qui avait été décidée au chateau voisin de Rochegude, notre jeune Louis se retrouva sans arme, mais brulait cependant du désir de faire ses débuts de chasseur, il découvre alors un vieux mouqueton usé par la rouille, s’en saisit et part chasser malgré l’opposition de sa mère et de sa soeur. Ne pouvant même pas faire jouer la détente de son fusil, il rentre donc humilié au milieu des railleries de ses compagnons. La gouvernante Marion accueille par un éclat de rire notre chasseur malheureux. « Que voulais-tu que je fisse, avec une arme pareille, lui dit-il, j’ai essayé vingt fois de faire feu sans succès. Tiens, vois, ajoute-t’il en l’ajustant. Au même instant le coup part et renverse notre chère Marion, heureusement la charge n’avait fait qu’effleurer le sommet de la tête. Il fut long à se pardonner son étourderie, et n’oublia jamais cet accident.

Evidemment le chevalier de Veygoux, était destiné à la carrière des armes. Mais c’était vers l’existence du marin, si pleine de périls et d’aventures, qu’il se sentait plus particulièrement attiré. Les circonstances en décidèrent autrement.

C’est à l’âge de huit ans, le 18 octobre 1776, qu’Antoine fut admis à l’école royale militaire d’Effiat, (un descendant du maréchal d’Effiat avait annexé à son chateau un collège, érigé par la suite en école royale militaire) dirigée par une congrégation d’oratoriens,  il y restera pendant sept ans, il en ressortira officier à l’âge de quinze ans. D’après une note se rapportant au second trimestre de l’année 1781, on voit qu’il avait le caractère boudeur, peu endurant et qu’il travaillait sans réflexion et avec peu d’application, on lui reprochait surtout d’être capricieux et distrait.

 

Effiat, le 26 juin 1781

Madame,
Vous n’aurez pas lieu d’être merveilleusement contente du présent que vous fait aujourd’hui monsieur votre fils. À l’exception de deux articles qui sont assez bons, tout le reste ne vaut pas grand chose. Et puis le caractère ne change pas trop en bien. Il est toujours sujet à l’emportement et à un peu d’aigreur. On a encore à faire d’autres reproches sur l’inapplication. Vous sentez, madame, qu’il n’est pas fort agréable pour moi d’avoir un pareil compte à rendre, mais je vous dois la vérité plus exacte, comme je vous prie de croire aux sentiments de respect avec lequel je suis, madame, votre très humble serviteur.

 Rivette. 

 

– Taille : 4 pieds, 4 pouces, 6 lignes (1,42 m).
– Constitution : assez forte.
– Santé : très bonne.
– Caractère : boudeur et peu endurant.
– Conduite : très médiocre.
– Lecture et écriture : peu d’application.
– Langues latine et française : il travaille sans réflexion.
– Géographie et histoire : bien, mais sans efforts.
– Dessin : léger et capricieux.
– Allemand : il fait des progrès.
– Religion : distrait en général .

Le bulletin et la lettre du préfet Rivette sont accompagnés par quelques mots de la main de l’écolier repentant:  «Je vous envoie ma note, qui ne vous contentera peut-être pas, je fais mes efforts pour le faire.
Je suis dans la joie et dans la tristesse. Je ne sais si je ne verrai pas des Aix cette année, je le souhaite beaucoup, si j’ai ce bonheur, il calmera toutes mes douleurs. Il est parti la semaine dernière deux de mes camarades pour aller dans la marine, j’envie leur sort.
Adieu Maman, tous ceux de votre connaissance vous font bien des compliments. Le père Rivette m’a chargé de vous offrir ses respects.
Je suis votre très humble fils». 

            Le chevalier des Aix. .

Ce bulletin, n’est qu’un accident de parcours dans le cursus de Desaix. Il n’est pas le reflet de la réalité et le jeune Desaix réagira très vite et bien à cet avertissement. Du reste, la suite de ses études montre qu’il reçoit cette même année de 1781 des couronnes et des éloges publics pour le premier semestre en langue allemande.   

L’école militaire Royale d’Effiat   

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 Reconstitution de la façade de l’école royale militaire d’Effiat au temps de Desaix. (Source: Olivier Paradis, chargé de cours à l’Université d’Auvergne)

 

À Effiat, chaque heure du jour est parfaitement planifiée :

5 h 30 : lever, prière, toilette.
6 h 00 : récréation (étude ou arts).
7 h 00 : messe.
7 h 45 : déjeuner rapide.
8 h 00 : début des cours comprenant la religion, le latin, le français, l’histoire et la géographie.
12 h 00 : dîner des deux pelotons les plus jeunes et récréation pour les autres.
13 h 00 : dîner des deux pelotons de grands et récréation pour les autres.
14 h 00 : reprise des cours, avec des périodes de trois quarts d’heure : mathématiques, sciences, langues étrangères, arts et devoirs.
16 h 30 : goûter frugal (gros morceau de pain frais et un fruit) puis reprise des cours.
18 h 00 : fin de la journée de cours, étude surveillée.
20 h 00 : souper.
20 h 30 : récréation.
21 h 30 : prière et coucher.

Ces horaires sont presque immuables, avec pour exception les journées d’exercices publics ou de réception (de l’inspecteur, de Mesdames de France ou du comte de Provence), mais aussi les dimanches, journées de repos et de promenades, et la demi-journée de congé du mercredi après-midi.

A Effiat, les punitions corporelles n’existent pas et la punition la plus courante consiste en amendes prises sur les menus plaisirs. Les malpropres ou négligents étaient frappés d’une amende très minime, prélevée sur le prêt de la semaine.   

 

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L’école militaire Royale d’Effiat, existe encore de nos jours, là le jeune Desaix avec quatre-vingts autres enfants (dont le futur Amiral Villeneuve, oui! celui de Trafalgar) de la noblesse et aussi de bourgeoisie aisée sont éduqués, afin d’accéder un jour aux commandements. 

 En Août de l’année 1783, le contrat écolier est rempli, et sans que rien ne laisse présager son destin singulier, maintenant il va faire son temps dans l’armée jusqu’au grade de capitaine et à l’attribution de la croix de Saint-Louis qui fera de lui un vétéran confirmé.

(Ref: Olivier Paradis.   Desaix, le collégien d’Effiat)

Publié dans : Desaix | le 2 février, 2008 |6 Commentaires »

L’aventure commence.

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Pour le jeune Louis, l’aventure commence. 

À la sortie d’Effiat, il présente comme beaucoup de ses camarades qui ne sont pas élèves du roi, une demande d’entrée dans le corps des officiers, après avoir obtenu de Chérin (généalogiste du roi) un certificat de noblesse le 3 octobre 1783.

Effectivement le 18 octobre 1783, l’aventure de Louis Desaix commence, en effet le Comte de Grillon, colonel du régiment de Bretagne, le proposa pour un emploi de sous-lieutenant en 3ème dans son régiment, sans appointements, dans la 1ère compagnie du régiment d’infanterie de Bretagne. A Grenoble puis Briançon, ou il fut envoyé en garnison, il se retrouva au milieu d’un corps d’officiers remarquables. Tous ceux qui en faisaient partie avaient des idées philosophiques très avancées et Desaix, le chevalier de Veygoux, comme on l’appelait alors s’était laissé facilement gagner aux idées nouvelles.

Il entendait parler de constitutions, de droits des peuples, d’émancipation de l’être humain, des idées qui toutes lui ouvraient des horizons nouveaux, mais sympathiques à son coeur. C’est qu’en effet, les opinions nouvelles commençaient à se faire jour et Desaix comme Kléber, Marceau, Hoche et bien d’autres généraux de la république, fut un ardent patriote et embrassa fortement la cause de la révolution.

Quand il venait en congé à Veygoux, sa famille ne le reconnaissait plus et il se trouva plusieurs fois en désaccord avec sa mère et son frère sur des questions politique. 

 L'aventure commence. dans Desaix 1

 

Un vrai républicain.

Son régiment ayant été envoyé à Strasbourg, et étant attaché comme aide de camp à la personne du colonel Dumas, il accompagna ce dernier à Landau, où il retrouva son frère aîné. Celui-ci voulut le persuader d’émigrer, mais il refusa et resta le seul de sa famille à défendre la France contre les ennemis. Il rentra à Huningue, dans son ancien régiment devenu le 46ème de ligne.

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Presque tous les militaires de sa famille avaient émigré, leur conduite semblait condamner la sienne, sa mère et sa soeur lui témoignaient de la froideur dans leurs lettres et ne lui épargnaient pas les reproches, mais il ne céda pas, dans ses convictions.

Après sa nomination le 9 janvier 1792, à Clermont-Ferrand comme commissaire ordinaire des guerres, il subit un des plus rudes assauts de sa vie. En effet, quand il parut à Veygoux, sa mère envisageait avec douleur la marche des événements:

j’avais cru lui dit-elle, que vous auriez suivi vos frères!

Maman, répondit-il, pouvais-je me séparer de mon régiment, quand tous les officiers y sont démeurés.

- Votre refus d’émigrer, ajouta-t-elle, vous portera malheur, et fera rejaillir une honte éternelle sur votre famille. il ne vous reste plus qu’à venir garder nos troupeaux, pendant que vos frères combattront pour la défense du trône.

De si sévères remarques pénétrèrent Desaix de douleur, et déjà il se sentait ébranlé. Mais quand il apprit, qu’on tenait note des dates d’émigration, et quand il fut menacé par une de ses parentes, comme c’était alors à la mode, de l’envoi d’une « quenouille ».

Alors ses convictions furent un instant ébranlées, mais il sut résister, sa réponse fut sans appel non jamais je n’émigrerai, je ne veux pas servir contre mon pays! je veux demeurer et avancer dans l’armée.

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Publié dans : Desaix | le 2 février, 2008 |2 Commentaires »

L’armée du Rhin

 

Départ pour l’armée du Rhin..

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En avril 1792, il demande a être réintégré dans son régiment, ce qui lui fut accordé. Il part alors à Strasbourg, rejoindre le Général Victor de Broglie, chef d’état Major de l’armée du Rhin, celui-ci l’élève au grade de capitaine avec qualité d’aide de camp. Broglie son nouveau chef, fut accusé d’intelligences avec l’ennemi et son jeune aide camp fut compromis aussi, il fut suspendu de ses fonctions, croyant que son devoir était de rejoindre son général qui se trouvait alors à Bourbonne. Mais pendant ce voyage il fut arrêté en possession de treize lettres pour Broglie, alors Desaix se retrouva enfermé pendant deux mois à Epinal. Mais après examens des documents, le commissaire Biron reconnu son erreur envers Broglie et Desaix n’eut pas de mal à faire constater son innocence et il s’empressa de rejoindre son régiment à Huningue et cette même année, il partit pour Worms, ville assiégée par les Prussiens.

Mais nos affaires allaient mal et bientôt il fallut battre en retraite, le Général Custine qui commandait l’armée fut battu le 17 mai entre Rilsheim et Rheinzabern. Les volontaires saisis de terreur, prirent la fuite en tirant sur l’état-major de leur chef. Seul le 46e commandé par Desaix sut résister et arrêter les ennemies, ce qui lui valut le grade d’adjudant général. En 1793 à Lauterbourg, une balle lui perça les deux joues, ses troupes se repliaient en désordre, ne pouvant plus parler, il sut les retenir par l’énergie de ses gestes.

Il ne quitta le champ de bataille pour se faire panser que lorsqu’il eut rallié tous ses soldats..

 

Nommé général de division.

Le 21 octobre 1793, il fut nommé général de division et fut chargé du commandement de l’avant-garde de l’aile droite. Mais à cette même époque, il faillit être révoqué comme anti-patriote, les jacobins de Riom l’accusaient d’avoir quinze parents dans le camp des émigrés et d’avoir donné des regrets à la mort de Gustine. Dès que Billaud-Varennes et Carnot eurent connaissance de cette dénonciation, malgré l’appui du général Pichegru, Desaix fut suspendu, mais au moment où on allait l’arrêter, ses soldats se révoltèrent et l’ordre dut être remis. Ses troupes déjà l’estimaient car il était bienveillant, doux et qu’il partageait leurs privations.Le 26 décembre 1793 se déroule la bataille du Geisberd ou Desaix fut très brillant, il repoussa toute l’aile droite autrichienne et s’empara des postes de Lauterbourg, d’Haguenbach et Wissembourg.

Une reconnaissance de Desaix sur les bords du Rhin près de Drusenheim, décembre 1793

( Une reconnaissance de Desaix sur les bords du Rhin près de Drusenheim, décembre 1793)

Le 27 décembre 1793, Hoche entre dans Wissembourg, en faveur des manoeuvres de Desaix et Michau sur Lauterbourg, qu’ils occupèrent de suite.

Le 22 mars 1794, le représentant Beugemont écrit au président de la Convention; «Je viens de passer en revue tous les corps de l’avant-garde de l’armée du rhin, commandés par le général de division Desaix. Je me suis attaché à en connaître l’esprit et c’est avec une vraie satisfaction que je rends compte à la Convention nationale de l’union fraternelle qui y règne, le soldat, l’officier, le général, se rassemblent et vivent dans la plus étroite intimité. La confiance la plus grande et la plus réciproque unit le soldat et l’officier aux généraux et nous présage des succès.»   

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Déjà,  Desaix de Veygoux se distingue.

Après la destitution de Pichegru, le général Michaud commandant les armées réunies de Rhin et Moselle, envoyait au Comité de Salut Public l’annotation suivante: «Le génie militaire du général Desaix, les preuves fréquentes de courage qu’il a donné pendant cette guerre, me le font juger très en état de commander une armée avec le plus grand succès».

La campagne de 1795 étant terminée, commencée par une série de victoires, elle avait bien moins fini, nous avions perdu les lignes de Mayence et une partie du territoire des Vosges. Mais la victoire de Loano et les travaux du général Hoche dans l’ouest avaient rétabli le prestige de nos armées.Début juin 1796, les hostilités recommencèrent, Carnot, dirigeant la campagne, avait donné ordre aux armées de Sambre et Meuse commandée par Jourdan et aux armées de Rhin-Moselle commandées par Moreau de marcher en avant et parallèlement sur les armées Autrichiennes (ce plan avait un défaut capital, il divisait nos forces).

Déjà Kleber le 4 juin 1796, battit les Autrichiens à Altenkirchen. Desaix appelé par Moreau à l’armée de Rhin-Moselle, fut chargé de commander le centre avec trente deux mille hommes. Le 14 juin, Moreau ordonna une attaque sur Manhein afin de forcer le général Latour à concentrer ses forces sur Manhein et dégarnir ses lignes du côté de Kelh; Desaix eut une part très active dans cette attaque.

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L’armée du Rhin, les troupes prennent la ville de Khel.

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Le 25 juin sur les ordres de Desaix les troupes passèrent le Rhin sans artillerie, ni cavalerie, elles se jetèrent sur Khel et à la baïonnette en repoussèrent l’ennemie.Début juillet Desaix enlève Gernsbach et ses troupes pénètrent à Kuppenheim, puis ils abordèrent Niederbuhl et Rastadt et se rendirent maître de la Murg. Après plusieurs combats victorieux nos troupes se trouvèrent à la hauteur de Munich, mais à ce moment Jourdan, battu à Amberg était en retraite, Moreau coupé de communications attendait et seule sa gauche sur les ordres de Desaix, contenait un combat contre Latour; Desaix prit des dispositions si justes qu’il en repousse l’ennemie et celui-ci subi des pertes considérables, une fois de plus il sauva la mise en repoussant le 1 septembre les Autrichiens à Geisenfeld,

« Il prouva, écrit de lui l’archiduc Charles, dans ces circonstances, une grande énergie, un coup d’oeil juste, une connaissance de l’emploi parfaite de chaque arme. Un très bel hommage de l’adversaire.»

Rien n’arrête Desaix, il fonce sur le Danube, remporte un succès à Potmess, écrase le fleuron de l’armée Autrichienne (les cuirassiers d’Anspach). Mais Moreau prudent ordonne le repli, Desaix obéit.

Déjà les Allemands le surnomment  ‹ le bon général › parce qu’il veille personnellement à empêcher le pillage et les violences habituelles des conquérants.

 

La paix de Leoben.

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En janvier 1797, Moreau ayant pris un congé, Desaix se retrouve commandant en chef de l’armée du Rhin. Le 17 avril, Moreau revenu, une nouvelle opération débute sous le contrôle de Desaix qui, une fois de plus franchit le Rhin, mais il est de nouveau blessé à peine sorti du fleuve (il reçut à bout portant un coup de fusil qui lui traversa la cuisse), c’est sans lui, mais avec l’application de son plan, que les Français entrent de nouveau en Allemagne.

Le Directoire lui rendant un hommage public, confirmera que le second passage du Rhin est le plus éclatant de la guerre. Mais l’armée est arrêtée en plein succès.

L’Autriche épuisée, signe les accords de paix de Leoben.

 

Publié dans : Desaix, l'armée du Rhin | le 2 février, 2008 |Commentaires fermés

Les jacobins enragés de Riom dénoncent notre Héros.

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Desaix dénoncé pour Royalisme. 

Le général Desaix, ne compte pas que des amis. Son ascension provoque beaucoup de jalousies même dans sa région natale.

Des jacobins frustrés de voir que la convention n’hésite pas à mettre à la tête d’un corps d’armée un aristocrate.

Desaix

Parce qu’il n’est pas riche, Desaix est suspect de se laisser séduire par la corruption.

 

Lettre de dénonciation du comité de surveillance de Riom.

« Aux citoyens représentants du peuple français, membres du Comité de salut public, salut et fraternité. »

« Le comité a appris avec douleur que le citoyen Desaix de Veygoux, propriétaire dans une commune de ce district, lequel parait et a toujours paru suspect aux patriotes du lieu de son domicile, a obtenu une telle confiance, qu’il vient d’être promu au grade d’adjudant de l’armée du Rhin. Le comité a pensé qu’il était de son devoir de vous instruire qu’il avait dix sept parents émigrés, dont deux, ses frères; qu’il était très lié avec un sieur Beaufranchet-d’Ayat, son cousin germain, qui vient d’être destitué du grade de chef de brigade et général de division de la Vendée; que si Desaix ne s’est pas émigré lui-même, c’est d’Ayat qui l’en a empêché, lui qui cependant est devenu suspect, puisqu’il a été destitué; que Desaix n’a pas au plus dix mille livres de fortune; qu’il serait dangereux qu’un homme qui, à raison de toute sa parenté émigrée ou suspecte, a pour cela même, l’intérêtle plus immédiat à la contre-révolution, qu’il serait dangereux qu’il ne se laissât séduire par l’or de Pitt ou Cobourg.Citoyens, ces renseignements sont certains, et il a paru de la grande importance au comité de vous en donner connaissance; il a aussi arrêté que copie de cette lettre serait adressée au citoyen Soubrany, représentant du peuple prés de l’armée de la Moselle et notre ami.

Notre comité a été composé, le 27 du même mois passé, sous les yeux de Georges Gouthon, représentant du peuple dans ce département. Il se propose, aussitôt que ses travaux seront un peu moins considérables, de vous rendre compte le plus exacte de toutes ses opérations; et bientôt il satisfera à ce devoir que la loi lu impose et que son amour pour le bien public lui commande. »

Riom, 8 octobre 1793. L’an II de la république une et indivisible.

Suivent neuf signatures; Dubreuil, Tailhand, Dumont, Granchier, Dumontel, Flourit, Beaulaton, Valeix, Bordes.  

 

Le comité révolutionnaire du district en profite pour faire procéder à la vente de ses meubles à Riom en prétextant qu’il est émigré.

 

Desaix écrit au président:

« Voudriez-vous que lorsqu’après avoir versé mon sang pour la république, lorsque couvert de blessures et d’infirmités, je viendrai au milieu de mes compatriotes jouir du repos, je ne puisse pas trouver un endroit pour reposer ma tête. Je serai donc réduit à venir vous demander la subsistance que vous m’auriez enlevée lorsque je perdais mes membres pour conserver les vôtres… Je m’en rapporte à votre justice. Des Aix de Veygoux, capitaine au 46e à Worms le 13 janvier 1793″.

Mais au moment ou il allait être arrêté ses soldats firent corps pour le protéger et le garder, et l’ordre qui le concernait dut être reporté. 

Les jacobins s’attaquent à un gibier plus facile.

En pleine terreur, à une époque ou il ne faisait pas bon être dénoncé, ces faux-cul de jacobins de Riom, excédés d’avoir raté leur coup avec le général Desaix, tenaces, en remettent une couche, ce joli monde dénonce avec l’aide du curé constitutionnel de Charbonniéres, le village voisin, la mère, la sœur et la belle-sœur de Desaix (née Thérèse de Neuville). Que leur reproche-ton, simplement qu’elles ont de la famille dans les rangs émigrés et qu’elles ne fréquentent plus l’église depuis que le curé a prêté serment à la Constitution.

Elles sont conduites à la tour Bonnan de Riom (aujourd’hui le musée Mandet), le 5 janvier 1794, ensuite elles seront transférées au Cheix, une prison plus supportable et elles y resteront un an et demi, mais pendant cette période l’ensemble des biens de Veygoux est confisqué.

Le général Desaix, n’apprend la mauvaise nouvelle qu’à la fin de l’année et aussitôt entreprend des démarchent qui s’avèrent inutiles. Mais prudent, il fait remettre discrètement aux prisonnières tous les assignats qu’il dispose afin qu’elles puissent améliorer leur condition de vie.

Les dames de Veygoux, auront le plus grand mal à récupérer leurs biens confisqués. En septembre 1795, tout rentre dans l’ordre par décision du Directoire départemental et avec l’aide de leurs fermiers, qui accepteront de restituer les adjudications acquises par eux sur le domaine.

 

Lettre de Desaix à sa sœur suite à ces événements.

« Peut-on nous regarder comme des ennemis de la République, nous nés certes dans une caste suspecte, mais nés sans fortune, élevés au milieu du peuple et avec lui. »

 

Publié dans : Desaix et les jacobins de Riom | le 2 février, 2008 |Commentaires fermés

Première rencontre avec Bonaparte.

 

Rencontre de Desaix avec Bonaparte.

Desaix était plein d’admiration pour Bonaparte, sans s’être rencontrés les deux hommes se connaissaient par les récits et leurs faits d’armes publiés dans les bulletins de l’armée et de par ceci, Desaix en jugeait plus sévèrement Moreau qui était son chef: « Je suis persuadé, dit-il un jour à Gouvion Saint-Cyr, que Moreau ne fera jamais rien de grand, tandis que Bonaparte est fait pour une gloire immense ».

A peine guéri de sa blessure, il se rendit en Italie (juillet 1797) rencontrer ce général victorieux, dont les succès l’avait ébloui et dont le nom grandissait chaque jours. Bonaparte,le général en chef de l’armée d’Italie, en recevant Desaix, avertit l’armée:

«Que le général Desaix est arrivé de l’armée du Rhin et qu’il va reconnaître les positions où les Français se sont immortalisés.»

Première rencontre avec Bonaparte. dans Desaix,  l'armée du Rhin annoncedelarrivededesaix

C’est par un repas bâclé (connaissant le peu de gouts pour la gastronomie de chacun des deux personnages) que la première rencontre se termina.

 

Celui qui va obséder Bonaparte, jusqu’à sa mort.

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 Bonaparte viens de rencontrer celui qui obsédera longtemps ses pensées.

Déjà Bonaparte le soutient dans l’affaire de la trahison de Pichegru où Moreau étant très impliqué avait essayé de charger notre Desaix qui n’y était absolument pour rien. Innocenté il retourna à sa garnison de Strasbourg.Le 26 octobre 1797, Desaix fut nommé provisoirement, chef d’état-major de l’armée d’invasion de l’Angleterre, dont Bonaparte devait prendre le commandement.

Celui-ci écrivit à ce sujet au Directoire: «Vous ne pouviez pas faire choix d’un officier plus distingué que le général Desaix ». (Milan 5 novembre 1797).

Mais attaquer l’Angleterre se révéla vite une entreprise irréalisable, les plans furent changés, Bonaparte décida alors d’attaquer l’Angleterre autrement, par la route de ses commerces, l’Egypte.

Le Directoire satisfait de voir s’éloigner ce général devenu très populaire et gênant donna son accord pour cette expédition lointaine et périlleuse, dans un pays encore inconnu.

Publié dans : Desaix, l'armée du Rhin | le 2 février, 2008 |Commentaires fermés

L’expédition d’Egypte.

 

Il a suffit d’une tournée dans les ports français pour convaincre Bonaparte de l’impossibilité d’une invasion de l’Angleterre. Si l’on ne pouvait frapper directement l’Angleterre en raison de sa supériorité maritime, l’idée de porter la guerre sur le plan économique se fit jour. Fallait-il frapper l’Angleterre en Orient, profiter du déclin de l’Empire ottoman pour précipiter son démenbrement et couper la route des Indes, la route de la prospérité de cette perfide Albion. Il restait a engager les Thermidoriens dans la voie du Proche-Orient.

Tout n’a pas été dit sur le rêve oriental de Bonaparte!

 En réalité, l’idée de l’expédition d’Egypte lui fut soufflée par Talleyrand, elle relève plus de calculs politiques que du conflit avec l’Angleterre. Bonaparte avait, le 16 août 1797,  évoqué dans une lettre au Directoire, l’idée que « pour détruire véritablement l’Angleterre, il faut nous emparer de l’Egypte ». Talleyrand répondit, le 23 septembre  » Quant à l’Egypte, vos idées à cet égard sont grandes. Je me borne à vous dire  aujourd’hui que, si l’on en faisait la conquête, ce devrait être, pour la Porte, pour déjouer les intrigues russes et anglaises qui se renouvellent si souvent dans ce malheureux pays. Un si grand service rendu aux Turcs les engagerait aisément à nous y laisser toute la prépondérance et les avantages commerciaux. L’Egypte, comme colonie, remplacerait bientôt les Antilles et, comme chemin, nous donnerait le commerce des Indes. » 

 L’ expedition d’Egypte n’avait donc pour but, que de renforcer l’autorité du sultan sur une province qu’il abandonnerait ensuite à la France, laquelle en ferait une colonie productrice de canne à sucre et d’autres produits exotiques.

Ainsi présentée, cette expédition paraissait moins absurde.

Talleyrand croyait-il en son succès, malgré les dangers qui restaient grands?  Talleyrand devait aller expliquer au sultan les raisons de cette conquête, mais il se garda bien de se rendre à Constantinople.

Désastreuse sur le plan diplomatique par la faute de Talleyrand, l’expédition fut une catastrophe militaire, malgré la brillante victoire des Pyramides.

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 A Paris, le Directoire décide, début 1798, d’envahir la Confédération suisse, alliée séculaire de la France, afin de financer la future expédition d’Orient avec le trésor de Berne. Une campagne de promotion bien conduite permet à Bonaparte, récemment nommé membre de l’Institut, de rassembler une pléiade de jeunes scientifiques, ingénieurs, artistes et humanistes issus des écoles d’État, notamment Polytechnique nouvellement établie.

Bien préparée, cette expédition emmenait avec elle;   54000 hommes commandés par les meilleurs chefs, Berthier, Caffarelli, Dommartin, Kléber, Desaix, Bon, Menou, Dumas, et aussi les meilleurs généraux d’Italie, Murat, Lannes, Davout, Marmont, Duroc, Bessières, Friand, Belliard, suivaient 21 mathématiciens, 13 naturalistes et géographes, 17 ingénieurs, 3 astronomes, 4 architectes, 8 dessinateurs, 10 mécaniciens, des imprimeurs, un pianiste, un peintre, un poète, des savants et chirurgiens, artistes, etc… Monge, Berthollet, Fourrier, Geoffroy Saint-Hilaire, Vivant Denon, Dolomieu, Desgenettes, Larey. 

L’impossible armada.

La marine française est en piteux état et la majorité des officiers de marine ont émigré. On parvient tout de même à rassembler dans le Golfe de Gênes au printemps 1798 sous le commandement de l’amiral Brueys d’Aigailliers. En tout 194 navires et 19.000 hommes.

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 La flotte est sous le commandement du vice-amiral Brueys, assisté de cinq contre-amiraux dont le bientôt célèbre Villeneuve. Bonaparte prend place à bord de « l’Orient », navire amiral, commandé par le capitaine de vaisseau Luce de Casabianca .

Bonaparte partit de Toulon le 19 mai 1798, malgré la vigilance de l’amiral Nelson, l’expédition rallie les petits corps expéditionnaires d’Italie. Le 26 mai 1798, Louis Charles Antoine Desaix quitte Cività-Vecchia et avec soixante navires, rejoint Bonaparte à Malte pour tenter l’aventure égyptienne, Desaix, contribua à la prise de Malte enlevée au passage, car les chevaliers de l’ordre sont maintenant devenus des corsaires chrétiens, ennemis de la révolution française.

Prise de Malte. juin 1798

Prise de Malte. juin 1798

Le mirage Oriental.

Le 1 juillet, l’escadre arrive en vue des cotes d’Egypte, ne pouvant débarquer devant Alexandrie, le débarquement eut lieu sur la plage du Marabout à quelques kilomètres d’Alexandrie.  

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Une attaque eut lieu au petit matin, Kléber y fut blessé. La place se rendit le jour même. Bonaparte organisa immédiatement la conquête, donna l’ordre a la flotte de s’abriter de Nelson dans la rade d’Aboukir. Ces mesures prises, l’armée le 6 juillet, se dirigea avec 30000 hommes, à travers le désert en direction du Caire, Desaix en composait l’avant-garde, le corps de bataille suivait à quelques lieues de distance. La nouvelle du débarquement étant parvenue au Caire, un bey le 5 au soir avec 600 Mameluks, se dirigea dans cette direction et arriva le 10 à Damahour au moment où la division Desaix se mettait en route. A la vue de l’ennemie Desaix fit prendre les distance de peloton et continua son chemin, la cavalerie ennemie côtoyait ses flancs. Soudain les Mameluks chargèrent, Desaix alors commanda : Par peloton à droite et à gauche en bataille, feu de rangs !  Quel étonnement des Mameluks, un épouvantable feu de mitraille leur portait la mort dans toutes les directions, plusieurs moururent sur les baïonnettes, alors ils s’éloignèrent surpris hors de portée du canon. Desaix lui rompit son carré et continua sa route, ayant perdu dans ce combat que quatre hommes. Mais attention nos soldats allaient avoir à faire surtout à de la cavalerie et il faut l’avouer, à une cavalerie incomparable.

Ce n’était pas la seule difficulté qu’ils allaient rencontrer, des ennemis redoutables et inconnus de nos troupes, la différence du climat, les privations de cette terre aride et brûlée.

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Les soldats, qui vont à pied tandis que leur général caracole à cheval ou à dos de chameau, endurent pendant trois semaines des souffrances épouvantables. Non préparés au soleil et aux mirages, ils doivent au surplus répliquer aux attaques surprises des cavaliers mamelouks..

 Des témoignages navrants.

Un témoignage :  « Quand les soldats se virent engagés dans cette plaine sans bornes, avec un sable mouvant sous les pieds, un ciel brûlant sur la tête, point d’eau, point d’ombre, n’ayant pour reposer leurs yeux que les rares bouquets de palmiers, ne voyant que de légères troupes de cavaliers arabes, qui paraissaient et disparaissaient à l’horizon et quelquefois se cachaient derrière les dunes de sable pour égorger les traînards, ils furent remplis de tristesse. Cependant, après de cruelles souffrances, supportées d’abord avec humeur, puis gaieté et courage, on arriva sur les bords du Nil le 10 juillet 1798, après une marche de quatre jours. A la vue du Nil, de cette eau si désirée, les soldats si précipitèrent et en se baignant dans les flots oublièrent toutes leurs fatigues.« 

Une lettre de Desaix à Bonaparte :  « Je suis désolé, d’être obligé de vous parler sur le ton de l’inquiétude. Quand nous serons sortis de cette horrible situation, j’espère trouver moi-même tout ce qu’il me faut et ne jamais plus vous tourmenter. Si l’armée ne traverse pas le désert à la vitesse de l’éclair, elle périra ! Elle ne trouvera pas de quoi désaltérer mille hommes. La plus part des eaux sont dans des citernes qui, une fois vidées, ne se remplissent plus. Les villages sont des huttes entièrement sans ressource. De grâce, mon général, ne me laissez pas dans cette situation. La troupe se décourage et murmure. Faites-nous avancer ou reculer à toutes jambes. »

La bataille des Pyramides.

Mourad-Bey, partit le 7 du Caire avec trois mille mamelouks deux mille hommes à pied et une flotte d’une soixantaine de bâtiments, il espérait arriver à temps à Damahour, pour soutenir son avant-garde, mais arrivé trop tard, il se retrancha à Chobrakhit.Le 12 l’armée française campa au village de Minieh, elle pris les armes le 13 à une heure du matin, afin d’empêcher à l’ennemi de finir ses retranchements. A huit heures nos troupes étaient face de Mourad-Bey, l’armée française se rangea en bataille, Desaix formait la droite, il rangea sa division en un seul carré. Enfin les Turcs se décidèrent à charger, mais ils furent repoussés, les lignes françaises restèrent inébranlables. Après une sérieuse canonnade venant du Nil par la flottille française, nos troupes manoeuvrèrent et mis en déroute l’ennemi, qui avait échoué devant nos carrés. Tel fut le combat de Chobrakhit. On s’achemina alors vers le Caire, pour livrer la bataille décisive.

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La bataille des Pyramides.

Le 21 juillet nous étions devant le Caire, Mourad-Bey y avait réuni environ dix mille mameluks et un nombre double de fellahs, dans une grande plaine en vue de la ville et des pyramides de Giseh. L’armée française était partagée en cinq divisions, Desaix commandait la droite vers le désert. Chaque division était formée en carré sur six rangs, l’artillerie était aux angles, les généraux au centre. Nous connaissons la suite, ce fut une grande victoire et là encore, Desaix s’y couvrit de gloire, et Mourad-Bey, est en fuite pour la haute Egypte.

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Bonaparte rentre au Caire.

Bonaparte est surpris de la facilité avec laquelle il a triomphé, maintenant le Caire est à lui. Aussi, la plus part des cheiks d’Egypte viennent se soumettre à ces généraux si jeunes et simplement vêtus.  

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L’Amiral Nelson frappe à Aboukir.

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Le 1er août 1798, Nelson surprend la flotte de l’amiral Brueys dans la baie d’Aboukir, alors qu’une partie de ses équipages est à terre. Les deux escadres se livrent à une canonnade acharnée d’une quinzaine d’heures, entrecoupée de brèves accalmies. Vers vingt deux heures, le navire amiral français l’Orient, armé par un équipage d’un millier d’hommes, explose comme une grenade, provoquant de graves dégâts collatéraux à d’autres bâtiments français. Avec l’Orient sont également perdus tous les trésors pris à Malte. Nelson détruit la flotte française, à l’exception de la division du contre-amiral de Villeneuve la plus éloignée du point initial de l’attaque. Mettant à la voile et sacrifiant ses ancres, Villeneuve parvient à gagner la haute mer où les Anglais, très éprouvés aussi de leur côté, ne le poursuivront pas.

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L’amiral Brueys, blessé dès le début, puis à moitié coupé en deux par un boulet, meurt à son poste de combat.Les pertes humaines sont trois fois plus importantes côté français, où l’on déplore plus de trois mille tués et blessés.

La conquête de haute Egypte.

Après la bataille des Pyramides, Bonaparte, s’occupa d’organiser le pays et Desaix reçut la mission de la conquête de la haute Egypte sur Mourad-Bey. L’expédition de Desaix était à la fois une opération militaire et un voyage scientifique de grands intérêts, et personne n’était plus digne de diriger une pareille mission. Au seul nom de Thébès, de Coptos, de Philoe, son coeur palpitait d’impatience. Il partit le 28 août avec quatre ou cinq mille hommes et une flottille qui lui assurerait la supériorité sur le Nil et les canaux. Mais il fallait attendre que les eaux du Nil fussent assez hautes pour la navigation. Pendant ce laps de temps Mourad-Bey, avait reconstitué une armée considérable. Le 8 octobre, Mourad-Bey, l’attend à Sédiman, mais là encore Desaix et ses généraux en tête, le détruise après de violents combats, Mourad, reprend sa retraite vers le sud.Le 22 janvier 1799, nouvelle rencontre de Desaix et Mourad, à Samhoud ou Desaix le défait encore, Mourad abandonne ses troupes et rejoint l’armée Turque en Palestine.Début mars, Desaix atteint Assouan, à 800 kms du CaireDesaix, mis cinq mois pour conquérir la haute Egypte, le 2 février, il était maître de Syène. Cinq autres mois pour réprimer les insurrections et asseoir ses conquêtes. Et là, il se montre humain et amical tant et si bien que les Egyptiens le surnommeront le Sultan Juste

Le Sultan Juste.

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 « À Miniel-Guidi, pendant que nous attendions assis à l’ombre, on amena au général Desaix un criminel. On criait, c’est un voleur, il a volé des fusils aux volontaires, on l’a pris sur le fait, et nous vîmes un enfant de douze ans, beau comme un ange, blessé au bras d’un coup de sabre, il regardait sa blessure sans émotion, il se présenta d’un air naïf et confiant au général, qu’il reconnut aussitôt pour son juge. On lui demanda qui lui avait dit de voler ces fusils: personne; qui l’avait porté à ce vol: il ne savait pas; s’il avait des parents: une mère, bien pauvre et aveugle; le général lui dit que s’il avouait qui l’avait envoyé, on ne lui ferait rien; que s’il s’obstinait à se taire, il allait être puni comme il le méritait: Je vous l’ai dit, personne ne m’a envoyé, Dieu seul m’a inspiré; puis mettant son bonnet aux pieds du général: Voilà ma tête, faites-la couper! Pauvre petit malheureux ! dit le général; qu’on le renvoie. Le jeune garçon vit que son arrêt était prononcé, il regarda Desaix et partit avec le sourire de la confiance, un sourire dû à l’indulgence de Desaix.».

Excellent travail de Desaix.

Napoléon fait l’éloge de son ami:  « Desaix c’est le talent naturel accru par l’éducation et le travail. Il ne respire que l’ambition noble d’entreprendre et de réussir, c’est un caractère tout-à-fait antique ».

Toute l’Egypte haute ou base est aux mains de nos armées. 

Des Victoires !

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Victoire d’El Arish.

Tandis que Desaix, pacifiait la haute Egypte « hiver 1798/1799. »   Bonaparte, avait appris la déclaration de guerre de la Turquie et qu’une armée de cinquante mille hommes arrive de Syrie pour l’attaquer, il décide de se porter à sa rencontre. Le 9 février, à El Arish, l’avant-garde de Reynier se heurte à mille deux cent fantassins et six cent cavaliers qui s’appuient sur un château fortifié. Le village est enlevé mais le château résiste.  Le 14 février, Kléber, obtient la capitulation de la garnison. 

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Prise de Jaffa.

Le 4 mars, l’armée française arrive devant Jaffa, une ville fortifiée et défendue par trois mille hommes. Le siège commence; Alors Napoléon envoie un message au commandant de la place: « Pour éviter de grands malheurs à votre ville, je vous demande de la rendre pacifiquement. Dieu est bon et généreux et nous respectons ses commandements. Si vous refusez ma proposition vous serez anéantis ». La ville sera vite et violemment enlevée, la cause en est due aux atrocités qui y furent faites.

Sont-ils devenus fous, les soldats de la république.

Jaffa fut prise d’assaut par quatre divisions qui égorgèrent les soldats musulmans, forcèrent les portes des harems, violèrent les femmes et s’emparèrent de tout ce qu’ils y trouvèrent. Comme personne n’obéissait plus aux ordres, le général Robin, sabre au poignet chargea ses propres soldats pour arrêter la folie de violences frénétiques. Il restait environ trois mille hommes qu’on voulu d’abord livrer vivants aux flammes ! Mais Beauharnais et Crozier refusèrent en pensant que Bonaparte voulait négocier avec la garnison. Les assiégés répondirent qu’ils se rendraient s’ils avaient la vie sauve, sinon ils se battraient jusqu’à la mort. Les deux aides de camp prirent sur eux cette promesse et on amena la longue file des captifs devant Bonaparte qui explosa: « Mais que dois-je faire de ces prisonniers ? Il ne fallait pas m’amener ces malheureux mais les laisser mourir. Je ne peux libérer que des femmes et des enfants, mais pas des hommes armés!»

Feignant d’ignorer la promesse faite, Bonaparte prit la décision de tous les exterminer malgré la courageuse intervention de Berthier ( Bonaparte lui conseillant sèchement de rentrer dans un couvent de capucins s’il avait le coeur trop sensible.) qui dépité s’en alla en baissant la tête.

Les atrocités de Bonaparte après la prise de Jaffa.

Puis ce fut la boucherie sur la plage où on ouvrit le feu.  les soldats n’ayant plus de cartouches,  ils achevèrent leur triste besogne à larme blanche et à la baîonnette. Beaucoup d’enfants qui s’étaient accrochés à leurs pères furent trouvés parmi les victimes… Et les massacres se poursuivirent du 8 au 10 mars 1799 .

Voici ce qu’écrit l’adjoint au payeur-général Peyrusse dans une lettre à sa femme : 
« Que dans une ville prise d’assaut, le soldat effréné pille, brûle et tue tout ce qu’il rencontre, les lois de la guerre l’ordonnent et l’humanité jette un voile sur toutes ces horreurs ; mais que deux ou trois jours après un assaut, dans le calme de toutes les passions, on ait la froide barbarie de faire poignarder trois mille hommes qui se sont livrés à notre bonne foi, la postérité fera sans doute justice à cette atrocité, et ceux qui en auront donné l’ordre auront leur place parmi les bourreaux de l’humanité. » 

Campagne de Syrie, le premier massacre colonial moderne.

 Pendant ce temps Bonaparte se console dans les bras de sa maîtresse.

Bonaparte se plaignait de la conduite de Joséphine avec Hippolyte  Charles,  pendant qu’il guerroyait en Egypte… et pourtant !

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 Portrait de Madame Marguerite-Pauline Bellisle-Fourès (1778-1869),

 maîtresse de Bonaparte puis de Kleber durant la campagne d’Egypte..

 

Victoire du mont-Thabor.

Le 19 mars,l’avant-garde atteint la formidable forteresse de Saint-Jean-d’Acre, puissamment armée et commandée par El Djezzar. Bonaparte en commence le siège le jour même. Entre-temps remporte le 16 avril la victoire du mont-Thabor, sur une armée Turque de secours. Puis il avait dû lever le siège entrepris de St Jean D’Acre très solidement défendu par Phélippeaux, (ancien élève et connaissance de Bonaparte à l’école militaire de Brienne) et revenir déçu au Caire.

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Ainsi après la victoire du mont-Thabor, une des deux armées ennemies était détruite.

Victoire d’Aboukir.

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25 juillet, victoire de Bonaparte à Aboukir, il y dispersa la seconde armée. Dés lors, l’Egypte fut délivrée.

Quand le bateau coule, les rats quittent le navire.

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 Les mauvaises habitudes commencent. Bonaparte abandonne l’armée d’Egypte. 

 Aprés son échec devant St.Jean-d’Acre et son repli sur le Caire, trouvant comme excuse, les revers de nos troupes en Europe, il décida de rentrer en France le 22 août, laissant le commandement en chef à Kléber. Etant pressé, il lui est impossible de revoir et d’emmener Desaix, mais il lui envoya un poignard enrichi de diamants que portait Mehemed-Pacha fait prisonnier à la bataille d’Aboukir, sur un coté de la lame était écrit:  Bonaparte à Desaix, vainqueur de la haute Egypte et de l’autre: Thébes aux Cent-Portes. Sésostris-le-Grand, auquel il avait joint une lettre en parlant de la conquête:  «Elle est due à vos bonnes dispositions et à votre constance dans les fatigues, recevez,  je vous prie, cette arme comme une preuve de mon estime et de la bonne amitié que je vous ai vouée

Bonaparte, torpille déjà Desaix.

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Négociations d’Al-Arish. Desaix quitte l’armée d’Egypte.

Au mois de septembre, Kléber, rappela Desaix au Caire, il le voulait pour les négociations qu’il allait tenter. A peine entaché par la capitulation d’Al-Arîsh, que Kleber lui impose sciemment, de négocier et qui le pousse immédiatement à chercher une réhabilitation auprès de Bonaparte,n’ayant plus rien à faire en Orient, le 3 mars 1800, Desaix, muni des laissez-passer nécessaires afin de circuler librement en Méditerranée, embarque pour l’Europe, l’accompagne quelques proches dont Savary, Rapp ainsi que les deux mameluks employés à son service et un officier anglais Forden.Ainsi se termine pour Desaix, son épopée Egyptienne, il ne saura jamais la triste fin de cette expédition, ni la capitulation du général Menou, le 31 août 1801.

Victoire de Kléber à Héliopolis.

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Desaix était déjà absent depuis un mois, lorsque Sydney Smith fit savoir que son Gouvernement ne donne pas son accord et exige que les Français se constituent prisonniers de guerre.  Alors Kléber montra qu’il était un lion au réveil terrible, il sortit de sa torpeur, rougit de ses hésitations et transmet le texte de l’ultimatum à ses troupes, avec ce commentaire:  « Soldats! on ne répond à une telle insolence que par la victoire; préparez-vous à combattre ».  Il combattit en effet, le 20 mars 1800, Kléber, à la tête de dix mille hommes, met en totale déroute, à Héliopolis, près du Caire, les quatre-vingt mille hommes du Grand Vizir, Nassif-pacha. Puis il mate, avec l’aide de Mourad-Bey, la seconde rébellion des Cairotes, ainsi que celle des paysans de la Bahireh.

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La révolte du Caire. 

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 Kléber assassiné.

Le 14 juin 1800 Kléber est assassiné, au Caire,

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par Soleyman el-Halaby un étudiant syrien. Celui-ci est condamné au supplice du pal.

L’horrible supplice de Soleyman.

Le supplice du pal.

Napoléon Bonaparte l’utilise au cours de la campagne d’Égypte. L’empalement permet d’exécuter un nombre important de personnes en un espace restreint et sans nécessiter un matériel complexe.
Soleyman el-Halaby (ou Soliman) était un Syrien qualifié de fanatique musulman ayant assassiné le général Kléber lors de la campagne d’Égypte le 14 juin 1800.

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Son exécution est décrite en ces termes par Claude Desprez,témoin des faits:

L’homme fut condamné, par le conseil de guerre français, à avoir les poings brûlés puis à être empalé vif. Le bourreau Barthèlemy coucha sur le ventre Soliman, tira un couteau de sa poche, lui fit au fondement une large incision, en approcha le bout de son pal et l’enfonça à coups de maillet. Puis il lia les bras et les jambes du patient, l’éleva en l’air et fixa le pal dans un trou préparé. Soliman vécut encore durant quatre heures, et il eut vécu plus si, durant l’absence de Barthèlemy un soldat ne lui eut donné à boire, à l’instant même il expira.

Suivre son procès, ici.

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Capitulation du général Menou. 

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L’assassinat de Kléber va propulser au poste de gouverneur de l’Egypte un homme curieux: Jacques Menou, général de brigade, marié à une égyptienne et converti à l’Islam sous le nom de Abdallah. Menou n’hésite pas à nommer des musulmans à des postes de responsabilité, notamment dans l’armée et la police. Mais c’est un piètre stratège: Le 21 mars 1801, Menou prend la tête du corps expéditionnaire français lors d’une ultime bataille à Aboukir pour repousser le débarquement anglais, ce qui se soldera par une défaite. Après cette bataille, il se retire à Alexandrie, où il capitule le 1er août 1801..

L’affaire de la belle expédition d’Egypte se révèle un échec et même un désastre, un fiasco militaire, le premier avant ceux de Saint-Domingue, d’Espagne et de Russie.

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Publié dans : Desaix, l'expédition d'Egypte | le 2 février, 2008 |1 Commentaire »

Le retour sur le sol de la Patrie.

Le retour en France.

 

Une aventure s’achève une autre commence. Desaix file vers son destin.

La traversée fut difficile, vents contraires, mer mauvaise, il était d’autant plus pressé d’arriver, qu’il venait d’apprendre le coup d’état du 18 brumaire, mais devant les iles d’Hyères en vue de la France, la frégate anglaise Dorothy les arraisonne. Sous prétexte que leurs laissez-passer ne sont pas valable et que seul l’amiral Keith avait le pouvoir pour donner des passeport, le commandant du Dorothy les convoie jusqu’à Livourne. 

Là Desaix fut interné pêle-mêle avec des prisonniers de guerre et l’amiral, en raillerie de l’égalité française, lui fit dire qu’il il toucherait la même solde (vingt sous par jour) qu’un simple soldat. Aussitôt Desaix lui écrit: «J’ai traité avec les mameluks, les Turcs, les Arabes du grand désert, avec les Ethiopiens, les noirs du DarFour et les Tartares, ils respectent la parole donnée et n’insultent pas leurs prisonniers. Je suis avec mes soldats et ne me plains de rien que du manque de foi.»

Enfin l’amiral Keith fit savoir que sa majesté britannique consentait à laisser exécuter les conditions du traité d’El-Arisch. Dés ce moment Desaix fut libre. Sa captivité avait duré trente jours et le 3 mai, Desaix débarqua à Toulon.

A peine les pieds sur le sol de patrie, Desaix n’a qu’une hâte, c’est d’écrire à Bonaparte qui était devenu entre-temps premier consul, il écrit ces lignes qui montrent entièrement le personnage:  « Ordonnez-moi de vous rejoindre, général ou soldat, peu m’importe, pourvu que je combatte à côté de vous. Un jour sans servir la patrie est un jour retranché de ma vie.».

 

Début de la campagne d’Italie.

Le général Bonaparte avait trompé pendant trois mois la vigilance des Autrichiens. Il avait créé sous leurs yeux et à leur insu, une formidable armée. Elle était composée de trois armées, la première cent mille hommes sous les ordres de Moreau, stationné sur le Rhin, la deuxième de quarante mille hommes que commande Masséna, et entoure Gênes, la troisième de cinquante mille hommes en cour de rassemblement a Dijon et commandé par Bonaparte lui-même.

Son plan et d’anéantir les Autrichiens en Italie et de les culbuter en Bavière sur le front du Rhin. Le 5 avril 1800, les Autrichiens prennent l’offensive et attaquent l’ensemble des cols des Apennins et Masséna remontant sur le Var, se trouve face au feld-maréchal Mélas qui l’oblige à s’enfermer dans la ville de Gênes. Cette attaque décide Bonaparte a gagner rapidement Milan.

Ainsi, le 20 mars, là où l’on s’y attendait le moins et après un exploit formidable, il franchit avec son armée, le Grand Saint-Bernard et apparu sur les derrières de l’armée autrichienne. Il arrive cependant trop tard, Masséna après une résistance héroïque a capitulé.  

stbernard.jpg. 

 

Desaix pénètre en Val d’ Aoste.

Desaix pénètre en Val d’Aoste le 7 juin, accompagné de ses deux mamelouks et quelques officiers, Bonaparte lui, est arrivé quelques jours plutôt à Milan le 2 juin. Ils ne sont plus très éloignés l’un de l’autre. Il brûlait de se battre, et avait dit deux ou trois fois, la veille, à ses aides de camp: «Voilà longtemps que je ne me bats plus en Europe. Les boulets ne nous connaissent plus, il nous arrivera quelque chose».

Déjà le général Lannes avec l’avant garde française avait battu l’ennemi le 10 juin à Montebello et lui barrait par cette action une voie de retraite. D’autres bonnes nouvelles arrivaient, le général Moreau sur le Rhin, par une série de succès, allait contraindre l’ennemi à signer l’armistice en juillet.Bonaparte et Desaix se rejoignirent le 10 juin à Stradella.

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Desaix essuie le courroux de Bonaparte.

« Comment, lui dit le Premier consul, avez-vous pu, vous, Desaix, attacher votre nom à la capitulation d’El-Alrych ? »  Je l’ai fait, répondit Desaix, je le ferai encore, parce que le général en chef ne voulait plus rester en Égypte, et que, dans une armée éloignée et hors de l’influence du gouvernement, les dispositions du général en chef équivalent à celles des cinq sixièmes de l’armée. J’ai toujours eu le plus grand mépris pour l’armée du grand vizir, que j’ai observée de près; j’ai écrit à Kleber que je me faisais fort de la repousser avec ma seule division. Si vous m’aviez laissé le commandement de l’armée d’Égypte et que vous eussiez emmené Kleber, je vous aurait conservé cette belle province, et vous n’eussiez jamais entendu parler de capitulation. Mais enfin les choses ont bien tourné, et Kleber, à Héliopolis, a réparé les fautes qu’il avait faites depuis six mois ».

Desaix se voit confier le commandement d’un corps d’armée comprenant la division Mounier et la division Boudet, mais maintenant restait à trouver l’ennemi.

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Publié dans : Desaix, bataille de Marengo | le 2 février, 2008 |Commentaires fermés

Bataille de Marengo

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Mais ou est l’ennemi ?

 Le 12 juin Bonaparte commet l’erreur de diviser son armée, en se séparant des divisions Lapoype et de celles de Desaix, envoyant la première arrêter les Autrichiens sur la route de Milan et la seconde vers le sud sur la route de Novi, voir si Mélas ne se dirige pas sur cette ville.  Bonaparte ne sait encore pas que l’ennemi est près de lui, dans la ville d’Alexandrie, avec toutes ses forces regroupées, il persiste donc dans son erreur, en pensant que Mélas est entrain de rassembler ses troupes plus au sud.

Le 13 juin au matin, l’armée consulaire s’était avancée dans cette immense plaine entre la Scriva et la Bormida, (qui deviendra avec l’histoire plaine de Marengo.)

La nuit du 13, Desaix la passe sur la route de Novi au château de Pontecurone, chez le marquis de Durazzo, a-t-il vraiment dit à son hôte en le quittant:  «Au revoir, dans ce monde ou dans l’autre.»

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Au matin du 14 juin, ce vieux renard de Mélas qui depuis 1792, combat inlassablement les armées de la république française sur le front de l’est, comprenant enfin sa supériorité numérique (30600 hommes et 180 canons) sur Bonaparte (27700 hommes et seulement 15 canons), il décide de passer à l’attaque.

Tout va donc se passer ici, au milieu de cette plaine, le modeste hameau de Marengo, seulement quelques fermes que les Français occupent depuis la veille.

 

La bataille de Marengo.

Tout se passe très vite, une première charge dirigée sur Marengo par Haddik, qui sera frappé à mort pendant cette action. Surpris les Français repoussent avec difficultés cette première attaque du petit matin à laquelle ils ne s’attendaient pas. Pas plus que le général en chef Bonaparte, qui ne pensait pas qu’il y aurait bataille et avait donc quitté Marengo, tard le soir du 13 pour son Q.G de Torré Garofoli, il ne réapparaîtra que vers les dix heures du matin dans la plaine ou déjà une seconde charge ennemie commandé par Kaïrm est repoussée vivement par les généraux Kellermann et Victor, venait de s’exécuter. Puis c’est le choc effroyable de cette marée humaine qui jusqu’à midi va s’égorger et s’entre-tuer, «les hommes tombaient comme de la grêle.» déjà des milliers de morts jonchent le champ de bataille.

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 Malgré les efforts des généraux Lannes et de Victor pour repousser les attaques des divisions de Zach et d’Ott, les Français commencent à reculer, mais, en bon ordre comme à la manoeuvre, l’euphorie gagne alors l’adversaire trop heureux de vaincre cette furie française, alors que Bonaparte comprends que Marengo, sera une défaite.

Il est trois heures et sur de sa victoire, le vieux feld maréchal Mélas, exténué de fatigue, laisse le commandement à son état-major et file à Alexandrie, rédiger un bulletin de victoire destiné pour toute l’Europe, afin que celle-ci sache que Bonaparte l’épouvantail est enfin battu;  c’est peut-être un peu trop tôt..

Desaix est inquiet par le bruit de la bataille.

Desaix, depuis l’aube, marchait en direction de Novi, avec la division Boudet, retardé par de mauvais chemins il n’avait guère avancé, et de plus ses éclaireurs n’avaient rencontrés aucun autrichien dans les parages. Au bruit du premier coup de canon lointain et sans attendre d’être rejoint trop tard par les aides de camps que Bonaparte lui avait envoyé pour le prier de vite revenir, il comprit que l’ennemi qu’on l’envoyait chercher sur la route de Gêne, était à Marengo, prenant tout sur lui même, il ordonna aussitôt l’ordre de faire demi-tour rapidement et marcher au pas de course au canon, se faisant précéder de plusieurs aides de camp pour annoncer son arrivée au premier consul. 

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Desaix est de retour sur le champ de bataille. 

Il avait marché toute la matinée, et vers trois heures de l’après-midi, les têtes de colonnes étaient aux environs de San-Giuliano, Desaix les devançant au galop. 

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Enfin Desaix est arrivé, sa présence va changer la face des événements. Le premier consul et les généraux lui expliquent cette grave situation, beaucoup sont d’avis pour la retraite. Bonaparte n’est pas de cette opinion, il demande à Desaix de dire la sienne. Desaix jette un regard sur le champ de bataille, tire sa montre et regardant l’heure, il répondit ses simples paroles:  «Oui, la bataille est perdue, mais il n’est que cinq heures, il reste encore le temps d’en gagner une autre » (Nous savons qu’il était cinq heures par Marmont et l’état major Autrichien, mais Savary, dit qu’il était trois heures, et Berthier dit six heures, alors qui croire ?).

 Bonaparte, comblé de l’avis de Desaix, va maintenant profiter des ressources fraîches que ce général lui amène et des avantages que lui assure la situation de replis en bon ordre, effectués le matin, il est en effet dans la plaine à droite, tandis que l’ennemi est à gauche, en colonne de marche vers San-Giuliano, sur la grande route de Tortone.

Desaix organise la contre-attaque.

Le Premier Consul confère quelques instants avec le général Desaix et passe presque toute la ligne en revue et l’ordre d’une nouvelle attaque est donné. 

Le lieutenant général Desaix peut adopter, et adapter, ces dispositions car ses troupes évoluent sur un coteau viticole. Desaix demande au Premier consul de disposer la cavalerie de façon à soutenir l’attaque de l’infanterie et la protéger des cavaliers ennemis. Desaix réclame également la formation d’une « grande » batterie et Marmont, qui commande l’artillerie de l’armée de réserve nous rapporte le propos suivant:  « c’est ainsi que l’on perd les batailles. Il nous faut absolument un bon feu de canons « . Marmont rassemble les 18 pièces disponibles et les installe à droite de la route, devant la brigade Guénand.

La leçon s’avère quelque peu cruelle pour Bonaparte, artilleur de formation, qui a dû faire combattre ses troupes dans la matinée avec des canons en nombre insuffisant et, de plus, mal approvisionnés. L’Empereur saura s’en souvenir pour la suite de ses campagnes.

En quelques instants, Desaix a démontré l’étendue des compétences qui ont fait sa célébrité dans les campagnes d’Allemagne et que salue un de ses anciens adversaires, l’archiduc Charles, avec un éloge pour le combat de Geisenfeld en 1796 qui convient également à l’attitude du général français ce 14 juin 1800:  « Desaix prouva dans cette circonstance une grande énergie, un coup d’œil juste, une connaissance parfaite de l’emploi de chaque arme« . 

Desaix se place au centre, sur la grande route, entre San-Giuliano et Cassina-Grossa, avec la division Boudet, la 9e légère occupant la gauche de la route sous les ordres du général Monnier, et la 30e et la 59e de ligne, commandées par le général Guénand, portées sur la droite, il avait sur son front, une pièce de 12, quatre de 8 et deux obusiers. Les grenadiers de la garde consulaire, conduits par le chef de bataillon Goulez, sont à droite entre ces corps et les troupes aux ordres du général Lannes. La division Gardanne occupe la gauche de la division Boudet et s’appuie à la droite de la brigade du général Kellermann.

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La division Monnier, un peu en arrière de la division Boudet, est prête à se porter où les événements nécessiteront sa présence, et la division Chambarlhac, avec le surplus de la cavalerie, forme la réserve.

L’ennemi, croyant la victoire assurée, avançait avec rapidité, et déjà il avait atteint la hauteur de Cassina-Grossa.

Desaix marcha à sa rencontre au pas de charge. La présence du héros avait réchauffé tous les courages et chacun brûlait d’impatience de suivre son généreux exemple. Une légère ondulation de terrain les cache de l’ennemi.

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L’attaque surprise de Desaix. 

Persuadé que la bataille est terminée, totalement déconcentré, l’ennemi Autrichien avance musique en tête, présentant son flanc gauche à l’armée Française regroupée. Quand subitement, la formidable machine de guerre Française qui n’a jamais plié se remet à fonctionner, une énorme mitraille tombe sur la colonne Autrichienne, surprise et ne s’attendant pas a cette brusque offensive, les canons venaient de faire feu, les généraux Murat, Lannes, Victor, Gardanne, Monier, regagnent mètre par mètre en culbutant les bataillons ennemis, le terrain abandonné quelques heures plus tôt.

Desaix sans attendre les ordres de Bonaparte, qui était déjà à l’autre bout de la plaine, droit sur ses étriers, le sabre en l’air et en pointant l’ennemi, lance son cheval en avant donnant ainsi le signal de l’attaque, désignant son aide camp Savary, pour avertir le premier consul de sa charge et du besoin de l’appui de cavalerie de Kellermann.

Desaix à la tête de la division Boudet, franchit avec elle le léger repli de terrain qui le masquait de la vue des Autrichiens, il se révèle à eux par une décharge foudroyante de mousqueterie, exécutée à bout portant.

Sous l’impulsion de Desaix la bataille fait rage.        

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