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7 avril 2013 7 07 /04 /avril /2013 22:00

 

Le cimetière de bateaux sur le Sillon de Camaret (2).

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Voir :

125 articles de mon blog sur le patrimoine de la Presqu'île de Crozon.


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   Dans mon précédent article, Le Cimetière de bateaux sur le Sillon de Camaret. je me suis contenté de mettre des photographies pour le plaisir. Je vais cette fois-ci décrire plus méthodiquement les navires qui s'y trouvent.

I. Description.

   Un site Wikipédia dénombre sept "cimetières de bateaux" en France. Parmi ceux-ci, trois sont en Presqu'île de Crozon, à Landevennec (navires militaires), dans l'anse de Rostellec au Fret, et à Camaret. C'est dire si ce site du Sillon doit être regardé comme un spectacle rare, et respecté comme un patrimoine précieux.

 L'histoire de ce "cimetière" est liè au déclin de la pêche : initialement se tenait sur la grève interne du Sillon, depuis 1892, le chantier naval de   François-Joseph Keraudren . Cette zone étant classée en Domaine Public Maritime, il obtint  des concessions lui permettant d'obtenir en 1899  300 m² supplémentaires, puis en 1903  200 m². Il dispose alors d´une façade de 31 m sur la grève lui permettant de mettre à l´eau ses bateaux. Son fils Joseph Keraudren reprend le chantier en 1935, jusqu´en 1969. Denombreux chantiers se développent. Mais dès les années 1950, la crise de la pêche à la langouste se faisant sentir, les Keraudren déposent sur leur concession des bateaux désaffectés et abandonnés. D´autres bateaux hors d´usage ou mis en vente et non achetés sont également abandonnés sur le sillon. (Source : Inventaire Régional). Le "vétéran", "Rosier Fleuri", est là depuis 1962.

   Les épaves étant encore possiblement à flot à marée haute de vives-eaux, leur coque a été percée afin qu'elle ne flotte pas.

 

 Le nombre de navires échoué d'abord au Styvel (c'est le toponyme, signifiant "source", de l'enracinement du Sillon de galet) puis dans son prolongement a varié : il atteignait (site GLAD) dix navires, mais nombre d'entre eux ont été retirés en raison de leur dégradation, la "Belle-Étoile", dont l'épave était classée M.H et que l'on peut voir sur une image du site Topic-topos, et la pinasse sardinière" Dominique" CM 185160, radiée en 1994, ou la "Maryvonne" CM2342, le "Louis-Raphaël", CM 2351, l' "Asphodèle" CM 2074, "Notre-Salut" CM 2769, le "Jean-Raymond" CM 2355 et le "Bacchus" CM 2345 ou le "Topaze" CM 2297. D'autres, qui n'avaient pas été construit à Camaret, ont été admis au cimetère de bateaux, le "Thierry de Martel" CM2869, le "Traviata" CM 2585, et enfin le "Canada". (Source : Micheriou Coz n°12). La pinasse sardinière "Rose des mers", CM231603 signalée en 2000, n'est plus là aujourd'hui.  

  Aujourd'hui, en 2013, j'en compte huit: en venant du parking, on trouve :

  • La Salle CM 231627 .
  • Le "Rosier-Fleuri" CM
  • Maïtena MX 195443
  • Étoile du Berger MX 195135
  • Castel-Dinn CM 231646
  • Notre-Dame-Des-Neiges CM 231642
  • Magellan CM 498020
  • Canot CM 231606

On peut y ajouter artificiellement le bateau placé sur le terre-plein, le BR 267570.    

Toutes ces coques sont en bois ; elles ont été construites par des chantiers de la Presqu'île de Crozon soit à Camaret, soit à Rostellec et au Fret. Parmi les sept bateaux principaux, six ont été des langoustiers construits entre 1948 et 1964 et ont suivi l'évolution de cette pêche jusqu'à son interruption en 1989.

  La langouste verte est pêchée au casier sur des fonds rocheux de 20 m, alors que la langouste rose a été pêchée au filet, au chalut puis au casier depuis 1955

II. Vues générales.

 

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      III. Photographies de chaque navire.

      Je suivrai la progression d'un visiteur partant du parking du Styvel pour se rendre vers la chapelle :

1. "La Salle" CM 231627.

Immatriculation CM 3036 de 1954 à 1976 puis CM 231627.

Ce langoustier à vivier de 13,78 m a été construit en 1954 par le chantier Boënnec-Lastennet. Vendu le 26 novembre 1968 par Joseph Goyat et Jean Kermel à  Gilbert Quéré, il est armé pour la pêche au crabe, avant d'être définitivement radié pour inactivité le 29 mars 1985.

Les images des autres sites témoignent de la rapidité de la dégradation de ce qui apparaît aujourd'hui comme une épave après avoir perdu tout son gréement dormant, puis  ses suprastructures (la cabine de timonerie était encore en place en 2003, et jusqu'en 2009). Comparer avec bateauxdepêche.net ou thoniers.free.fr, mais encore avec Berhed, où l'image est datée de 2009.

  Il possède un vivier flottant, autour duquel sont construit les amènagements : voir en quatrième partie (détails) les orifices d'entrée de l'eau de mer dans la coque.

 

A remarquer :

  • La "moustache blanche", long triangle des œuvres mortes de l'avant du bateau ; ce serait (à vérifier) une invention anglaise, destinée à donner une impression de vitesse et de "mordant" au navire. Nous allons retrouver cette fière moustache sur chacun des bateaux.
  • La béquille bâbord encore à poste, alors que celle de tribord n'a pas évité que la coque ne se couche contre "Rosier Fleuri".

 

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  • Les deux écubiers de l'étrave, par où sortent les amarres.

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2. "Rosier-Fleuri" CM 2910.

 

Ce langoustier à vivier  à cul carré construit en 1948 au chantier Le Hir-Péron est échoué sur le sillon depuis 1962, ce qui fait de lui le vétéran des lieux.

  Comme le précedent, il conserve les langoustes dans un vivier central alimenté par l'eau de mer, sa coque étant percée en partie basse de nombreux orifices.

Son safran est encore en bois : celui des navires suivants est en métal.

  

 

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3. "Maïtena" MX 195443.

 

D'abord immatriculé CM 3143 puis DZ 4107, c'est un langoustier mauritanien de 25,21 m construit en 1964 au chantier naval Auguste Tertu à Rostellec pour Louis Salaun. Moteur Beaudouin 552 Kw, jauge brute 162,86 tx, indicatif radio TKPT. 

 

   Langoustier-thonier destiné à la pêche au large en Mauritanie, il passa au quartier maritime de Douarnenez le 16 avril 1965 sous le matricule DZ 4107, puis à Morlaix le 1er septembre 1973. En 1976 il est racheté par Jean-Pierre Salaun pour la pêche au crabe avant d'être cédé le 16 mars 2001 à la commune de Camaret pour 1 franc symbolique. 

Remarquez :

  • l'importance de la passerelle. Les appareils de navigation sont encore en place : radar Raytheon, antenne.
  • la forme tulipée de son étrave.
  • les deux mâts : mât de charge, tripode et disposant de son échelle à l'avant.
  • les plaques inox renforçant la partie centrale du plat-bord, en regard des treuils.
  • la forme des lignes, fortement relevées à l'avant pour dégager un poste avant couvert protégé des lames.

 

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4. "Étoile du Berger" MX 195135.

 

Ce caseyeur , crabier et langoustier de 19 mètres a été construit en 1956 au chantier Keraudren à Camaret. Passé ensuite quartier de Morlaix. Sorti de flotte en 2001 et désarmé au port de Morlaix, le bateau a été ramené à Camaret en 2010. C'est donc le dernier arrivé.

Une image sur bateaudepeche.net  permet de l'imaginer chargé de ses casiers et flotteurs , alors qu'une autre image Bateauxdepeche.netillustre son arrivée à Camaret.  

  Un nouvel "Étoile du Berger" a été construit en 2000, il est immatriculé MX 905646.

 

Remarquez :

  • Comme pour le précédent, les deux mâts encore en place, portant l'antenne VHF (demi-sphère), l'antenne radio. Le radar est sur un mâtereau de l'abri de timonerie.
  • Les structures métalliques arrière permettant l'arrimage des casiers de pêche.
  • le renfort inox de la coque évitant le ragage là où arrivent les filières et les casiers, sous la potence latérale.

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5. "Castel-Dinn" CM 231646.

 

  D'abord immatriculé CM 3116, ce langoustier mauritanien à congélateur de 22,98 m a été construit en 1960 au chantier Albert Péron de Camaret pour Henri Téphany. Moteur Beaudouin de 453 cv, jauge brute 142,98 tx.

Il tient son nom de Kastell Dinn, le "château" rocheux de la Pointe de Dinan à Crozon.

 

 C'était le dernier langoustier mauritanien de Camaret, qui ne cessa cette pêche qu'en 1990 (la dernière campagne en Mauritanie eut lieu en 1989).Il fut alors vendu à Jean Kerdreux qui le transforma pour la pêche au crabe jusqu'en 1998. Comme tel, il se distingue par la superstructure qui entoure la passerelle, et qui permettait de tendre un abri de toile contre le soleil.

  Il est échoué depuis le 5 novembre 1998.

Remarquez :

  • Le léger tulipage de l'étrave.
  • Le mât tripode avant.
  • L'aménagement d'une dunette au dessus de la passerelle.
  • Les longs sabots métalliques de la partie immergée de la coque.

 

 

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6. "Notre-Dame-des-Neiges" CM 231642.

      D'abord immatriculé CM 3099, c'est un langoustier-thonier puis langoustier-crabier de 17,05 m construit en 1959 au chantier naval Corentin  Keraudren à Camaret. Jauge 48,48 tx, moteur Beaudouin de 160 puis 215 cv, il bénéficiait aussi d'une voile d'appoint dont on peut voir les lambeaux pendre sur le mâtereau à l'arrière.

  Son premier patron Charles Mazet et cinq autres quirataires l'ont vendu le 30 juillet 1975 à Jean Kerdreux qui l'a transformé pour le thon et le crabe. Plus tard il a été racheté pour la plaisance.

 Il est mis au sec en 1993.

 

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7. "Magellan" CM 498020.

        Ce chalutier-coquillier de 12,35m a été construit en 1979 au chantier Stipon du Fret. Armement SNACCAM, moteur de 242 kw,  jauge brute 23,92 tx, indicatif radio FP6369. En 1983, il a été vendu par Jean Péron à Jean-Michel Boëzennec Désarmé pour non-conformité à la pêche à la coquille en baie de Saint-Brieuc, Morlaix et Concarneau (il mesurait 35 cm de trop et son moteur était de 80cv trop puissant), il a été cédé pour 1 Euro symbolique à la commune : il est sur le Sillon depuis le 4 décembre 2002.

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8. CM 231606

 

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9. Le BR 267570   "...de la mer" 

       

On peut penser qu'il n'est pas encore au "cimetière", mais en "clinique" et que tout espoir n'est pas perdu de le sauver. Mais les pronostics sont réservés. Il médite sur le sort de ses collègues qui servent de bacs à fleurs sur quelques rond-points.

 

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IV. Quelques images de détails.    

 

 

1. Le sourire du calfat.

  Ce large sourire est créé par le cordon de calfatage (du chanvre bitord) qui s'est détaché du joint qu'il était chargé de colmater.

  Le bitord à calfater se présente en pelote de chanvre enrobé de goudron de pin, que le calfat fait pénétrer dans l'espace entre deux bordés grâce à un fer de calfat frappé par un maillet.

Pour l'amour du vocabulaire, précisons que le chanvre peut se présenter en bitord (3 à 5 fils), ou en luzin ( ligne de 3 torons), servant aux petits amarrages ou en merlin (2 torons) qui sert à merliner, ou surlier .

 

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 2. Cette marque de franc-bord est le symbole de certification du Bureau Véritas B.V.  Elle porte le nom de Ligne internationale de charge, ligne de Plimsoll. Située sur le flanc du navire, la ligne horizontale indique la hauteur maximale de la ligne de flottaison et varie selon la nature de la cargaison du navire.

Le symbole est apparu au Royaume Uni en 1876, il a été proposé par Samuel Pimsoll .
La ligne sécante au cercle est placée au même niveau que la ligne de charge du symbole S (été) .

  Le Bureau Veritas avait, avant le début de la construction, examiné et approuvé les plans au 1/20ème que le charpentier de marine lui avait soumis, et qui doivent respecter les critères en vigueur de la Marine Marchande.

 

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  3. Plaque métallique de franc-bord.

      dont je ne connais pas le mode d'emploi.

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    4. Tableau arrière du 'Notre-Dame des Neiges".

Le mât arrière est tombé, et laisse pendre des lambeaux de la voile qui y était enverguée.

 

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5. Voile du "Notre-Dame des Neiges", détail de matelotage.

Le long de la ralingue de la voile, une cosse est frappée grâce à un cordage qui passe dans deux œillets sertis dans la toile. Cette cosse  permet d'y frapper une goupille qui se fixe sur l'anneau coulissant d'une barre.

 

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6. Voile du "Notre-Dame des Neiges", détail de matelotage (2).

Même détail du travail du voilier ; la voile est renforcée par une pièce semi-circulaire cousue. 

  Une ralingue doit être commise de gauche à droite. Elle est fixée par un double fil qui pique la voile, mais qui se transfile dans les torons de la ralingue sans les piquer.

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        Je ne sais pas qui est le voilier qui a réalisé la voile du "Notre-Dame des Neiges". On a compté jusqu'à 4 voileries à Camaret, les voileries Provost-Le Hir, Meillard, Landrac ; le dernier voilier de Camaret était Jean-Yves Lastennet, dont la voilerie  se trouvait jusqu'en 2001 rue des Palengriers. Elle avait été créée par son grand-père en 1918. 

  Ici, le coton ou le lin des 400m² de surface de voilure des anciens dundees a laissé place au tergal d'une simple voile de tape-cul, et les coutures à l'aiguille et la paumelle ont été détrônées par la machine à coudre (point en zig-zag).

 

7. Mât du Notre-Dame des Neiges, détail (3)

  On voit comment, pour faire passer le cordage qui fixe la voile autout du mât, le voilier a commis les torons d'un petit cordage épissés dans ceux de la ralingue afin de former une erse.

 

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8. La caréne de "La Salle" : le vivier.

 

   Ce détail est destiné à montrer les orifices de la partie moyenne de la carène, permettant à l'eau de mer de circuler en permanence dans le vivier de conservation des langoustes. La conservation des langoustes et la lutte contre la mortalité était un souci majeur; des étagères étaient disposées à l'intérieur du vivier pour limiter l'écrasement des langoustes. On accédait (c'était souvent le rôle du mousse) dans le vivier par deux puits de section carrée d'un mètre de coté qui traversaient la partie habitable du bateau. Il pouvait contenir 12 000 kg soit 30 000 langoustes.

 

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Le même détail sur un navire plus récent, le Castel-Dinn :

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9. L'hélice du Castel Dinn.

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9. L'hélice et le gouvernail du Castel Dinn.

 

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10 Une figure de proue ? Non, une sortie d'arbre d'hélice et d'axe d'étambot.

 

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11. Pièce de charpente pour la mêche du gouvernail.

 

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12. La crapaudine du "Notre-Dame des Neiges".

  Autant l'avouer, le seul motif de cette photo est d'illustrer le terme crapaudine, "partie du talon de la quille sur laquelle est fichée l'extrémité du safran". 

  Ce détour me comble d'aise : je rêve du jour où je cuisinerais des pigeons à la crapaudine ; c'est d'ailleurs tout-simple, il suffit de les ouvrir, de les aplatir et de les rotir sur le grill.

  On croyait jadis que la crapaudine (je parle cette fois  en orfèvre, de la pierre précieuse) provenait de la tête des crapauds ; ils la régurgitaient lorsqu'on agitait devant eux un chiffon rouge, et on en guérissait les épileptiques. Pierre Pomet, dans son Traité des drogues de 1694, n'y croyait plus. Mais la réalité dépasse la fiction, puisqu'il s'agit, selon les autorités compétentes (Wikipédia), d'une concrétisation fossilisée des dents du bar, ou loup de mer, qui n'est pas un poisson d'avril. On les nomme aussi œil de serpent ou œil d'oiseau, ce qui fait beaucoup d'animaux en même temps. Cela ne se trouve pas sous le sabot d'un cheval, mais si vous fouillez les faluns de Touraine, vous découvrirez peut-être un vilain caillou noir comme un chicot de dorade, qui n'est autre que la précieuse crapaudine.

  Comme les pêcheurs (et non les piliers) de bar sont fréquents à Camaret , je m'empresse de corriger l'information donnée par Wikipédia : les crapaudines proviennnent de dorades du Miocène, et non du Dicentrarchus labrax de nos côtes. 

 

   La crapaudine est la pièce la plus basse : chez les autres navires du Sillon, elle est enfoncée dans le sol, et non visible.

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13. Chiffres pêchants du BR 267570.

  Pour conjurer le mauvais sort en pêche, les chiffres sont transformés en forme d'hameçon, comme ces deux sept.

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V. La pêche à la langouste à Camaret.

      La période de prospérité du port entre 1955 et 1965 a vu le développement de navires nommés langoustiers mauritaniens, d'un tonnage de 250 à 350 tonneaux (les langoustiers traditionnels jaugeaient 60 tonneaux), conçus pour des campagnes de pêche de cinq à six mois, et dont la valeur financières atteignait le million de francs.

A la différence de Douarnenez, où un armateur ou une société d'armement possède 4 à 5 "mauritaniens", où le recours à l'emprunt bancaire est important, et où le "patron" n'est qu'un salarié sans interessement financier au navire, l'armement de Camaret est resté traditionnel, sans armateur professionnel: le patron-pêcheur est le, ou l'un des gros armateurs, et il confie sa gestion à un gérant d'armement. Vers 1967, Camaret s'oriente vers l'armement d'unités polyvalentes, thoniers-langoustiers-chalutiers permettant une rotation des pêches.

 

VI. Annexes.

1. Liste des chantiers navals à Camaret en 1926. (V. Lescop)

Sur le Sillon, de sa base jusqu'à son extrémité :

  • Eugène Le Bris (1921-1948) après un apprentissage chez François Keraudren ; il construisit de nmbreux langoustiers de 17 mètres "à cul de poule".
  • Alexandre Morvan
  • François et Joseph Keraudren (chantier de 1892 à 1969)
  • Corentin Keraudren (1952-1962), cousin germain de Joseph Keraudren, installé en face de la chapelle de Rocamadour. Une dizaine d'ouvriers, pour la construction de mauritaniens de 16-18 m à viviers. Repris par son gendre Paul Belbeoc'h de 1962 à 1966.
  • Louis le Mérour
  • Albert Le Fur - Auguste Férec
  • Hippolyte Le Hir - Louis Péron
  • Alexandre Gourmelon.

Sur le Notic et dans le village :

  • Pierre Boënnec, en face de l'église devant la "maison aux glycines", de 1900 à 1913. Puis il racheta le chantier Michel Provost au Styvel, et sa cale de lancement ; le chantier fut repris par Michel Boënnec, qui s'associera à Jean Lastennet en 1943 puis Pierre Lastennet (chantier Boënnec-Lastennet). 
  • Bernard Hugot

2. Chantiers navals à Camaret après-guerre (1945-95)

  • Chantier Eugène Le Bris jusqu'en 1948.
  • Chantier Albert Péron (1953-1990) dans le local d'Alexandre Gourmelon. Rachat de la forge Barbu puis de l'Atelier de mécanique marine de Guy Bossennec rue des sardiniers. Ce chantier emploiera jusqu'à 40 ouvriers et construira de 1968 à 1990 71 navires. En 1963, création d'un armement de pêche et ouverture d'un magasin d'accastillage quai Téfany  ; le chantier est  devenu Atelier des Charpentiers de Marine Camarétois ACMC .
  • Chantier H. Le Hir-Louis Péron jusqu'en 1949 puis Hippolyte le Hir jusqu'en 1958
  • Chantier Boënnec-Lastennet  de Pierre et André Lastennet, petit-fils de Pierre Boënnec ; transféré au quai Téphany de 1982 à 1989. De 1943 à 1989, ce sont plus de 150 navires qui ont été construits.

3. Chantiers du Fret:

  • Le Moal
  • Stipon : Georges Stipon installa sa baraque de chantier sur le Sillon du Fret en 1921, puis les trois frères Georges, Armand et Jean poursuivirent son activité

4. Chantier de Rostellec

  • chantier Auguste Tertu (1957-1981) puis Pierre Tertu

 

 

Liens et sources :

Patrimoine-région-Bretagne, le site de l'Inventaire régional GLAD

Bateaux-de-pêche.net

bateaux-fecamp.fr

thoniers.free.fr, le site de Thomas Wideman consacré aux thoniers de la presqu'île de Crozon

Site de l'Office du Tourisme de Camaret.

Topic-topos Belle-Étoile

Topic-topos "Notre-Dame des Neiges".

      La vie sur un langoustier de Douarnenez en 1933.

Revue Micheriou coz, les vieux métiers de Bretagne n° 12

Revue Avel Gornog n°3 : Valérie Lescop, La construction navale à Camaret.

Note.

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Published by jean-yves cordier

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  • : Le blog de jean-yves cordier
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